Les orphelinats à Madagascar

Parmi d’autres projets humanitaires à Madagascar, David Shutes aide (surtout en collaboration avec un autre homme en France) à coordonner le financement d’orphelinats. Ces orphelinats sont dirigés par les chrétiens malgaches qui sont des connaissances de longue date et qui ont fait leurs preuves quant à leur désir sincère de s’occuper d’enfants en difficulté. Les enfants grandissent donc dans un milieu où ils entendent l’évangile et voient l’exemple de personnes qui vivent concrètement l’amour chrétien. Les enfants restent donc plus ou moins dans leur propre culture (même s’il ne s’agit pas de leur culture locale), dans un contexte qui est assimilé à une grande famille.

But du parrainage

Le but du parrainage est de fournir à chaque enfant le nécessaire pour vivre (nourriture, vêtements, etc), ainsi que d’assurer leur scolarité et les soins médicaux dont ils peuvent éventuellement avoir besoin, jusqu’à l’âge adulte. Pour les enfants capables de le faire, il est souhaitable que le parrainage continue jusqu’à ce qu’ils finissent leurs études supérieures, ce qui leur donne une vraie possibilité de vivre une vie normale et productive.

Le premier orphelinat lancé avec les encouragements de David est le centre « Tanjona », à Ambohimangakely, dans le nord-est de la région de la capitale, Antananarivo (juste là où la route principale vers l’est quitte l’agglomération de la capitale). Ce projet a commencé en 2007. Il y encore quelques besoins pour Tanjona, mais dans l’ensemble tout fonctionne bien et il y a une équipe solide de personnes en Europe et Amérique qui parraine les enfants et finance la construction (bien avancée) d’une maison suffisante pour loger correctement la trentaine d’enfants.

Le deuxième orphelinat, « Olo Soa », est lancé en 2010 avec un couple vivant à l’époque à Ambohimangakely, Jean-Paul et Honorine Ialy. Ils commencent à accueillir des enfants en difficulté dans leur petite maison mais en 2012 Jean-Paul devient pasteur à Tamatave, la grande ville portuaire (la deuxième plus grande agglomération de Madagascar) sur la côte est. L’orphelinat définitif s’installe donc à Tamatave. Un chrétien américain finance l’achat d’un terrain et la construction d’une maison mais aucun des enfants n’est encore parrainé. Le couple Ialy souhaitent construire la maison avant d’accueillir trop d’enfants, mais ils sont souvent contactés par des amis et les services sociaux de la région sud-ouest de Madagascar (dont ils sont originaires) au sujet d’enfants en situation très précaire. Réticent à dire non même s’il n’y a pas encore la structure physique nécessaire, ils les accueillent (la structure légale pour le faire est en place depuis fin 2010) malgré tout, mais il y a des besoins financiers importants. Entre autres, Tamatave est une région connue pour les maladies, notamment le palud, qui y sévissent. Le besoin de soins médicaux est donc plus élevé qu’ailleurs. C’est aussi une ville où le coût de la vie est plus élevé qu’ailleurs.

Le troisième orphelinat, « Mamitiana », est lancé en 2012 par une dame d’Ambohimangakely qui s’appelle Hary (en fait, c’est « Mamiharilahatra », mais elle se fait appeler Hary en abrégé pour des raisons évidentes). Elle commence à accueillir des enfants chez elle courant 2013. Elle a quatre garçons, tous adultes, dont un (le plus jeune) qui l’aide avec les enfants. Les besoins en finances sont urgents, car il n’y a pas encore de personnes qui parrainent les enfants ou aident régulièrement avec la mise en place des structures nécessaires pour les accueillir. Sa maison personnelle est correcte, mais aura besoin de quelques améliorations en vue de s’occuper correctement des enfants.

Les raisons de la précarité de tant d’enfants à Madagascar

Alors qu’on appelle ces structures d’accueil des orphelinats, les enfants qui y sont accueillis ne sont pas tous orphelins. Beaucoup ont un parent encore en vie, voire les deux. Le plus souvent, ils sont abandonné par les parents, soit totalement, soit en très grande partie. Beaucoup meurent dans cette situation. Plusieurs facteurs contribuent à cette misère qui affecte tant d’enfants à Madagascar :

  • Les croyances religieuses. Dans l’est du pays, dans la région appelée « Pangalana » (qui s’étend sur 500 km le long de la côte est depuis le milieu de l’île jusqu’à environ 300 km de la pointe sud), la religion traditionnelle dit que les jumeaux sont maudits. Si une famille garde des jumeaux, la malédiction sera sur la famille. Ce sera le cas même si un des jumeaux est mort. Il y a des cas de familles qui tuent un jumeau et gardent l’autre, pour essayer de dissimuler la naissance de jumeaux, mais même dans ce cas, si la famille étendue apprend que l’enfant qui reste est en fait un jumeau, le couple sera exclu et subira une pression énorme, à cause de la malédiction qu’ils mettent sur toute la famille. Les familles non-chrétiennes qui ont des jumeaux essaient donc de trouver rapidement quelqu’un qui veut bien prendre ces enfants et, s’il ne trouvent personne, les abandonnent dans la forêt à l’âge de quelques jours pour qu’ils meurent.
  • Dans le sud-ouest de l’île, dans la région de la grande ville de Tuléar, la croyance superstitieuse porte plutôt sur la question de naître un « jour mauvais ». Si un enfant est né un « jour mauvais », une malédiction est sur l’enfant et, soit il mourra très jeune, soit il portera malheur pour la famille (avec, vraisemblablement, quelqu’un d’autre qui va mourir). On ne peut même pas savoir à l’avance quand ce sera un « jour mauvais » pour éviter (si possible) l’accouchement ce jour-là, car c’est déterminé après la naissance par quelqu’un qui est censé connaître ces choses. De tels enfants sont donc abandonnés rapidement par leurs familles, par peur de ce qui peut leur arriver.
  • La grande pauvreté du pays est aussi un facteur qui provoque parfois l’abandon des enfants. Dès lors qu’un enfant se trouve dans une situation particulière (un seul parent, des besoins médicaux élevés dans un pays où seuls les riches ont une assurance médical, sous la charge d’un grand-parent âgé…), il y a un risque que l’enfant sera abandonné ou, s’il ne l’est pas, vivra dans des conditions d’extrême pauvreté où il n’aura ni la possibilité d’aller à l’école, ni une alimentation suffisante, ni le moindre soin médical en cas de maladie.
  • La mortalité générale du pays. A cause de la pauvreté et des conditions sanitaires déplorables, il arrive souvent qu’un parent meurt jeune, voire les deux, laissant l’enfant dans une situation précaire. Surtout s’il y a beaucoup d’enfants dans la famille (ce qui est souvent le cas), l’enfant se trouvera peut-être à la charge d’une grand-mère veuve qui n’a même pas les moyens pour vivre correctement elle-même, d’un beau-père (suite au remariage de la mère) qui ne veut pas s’occuper d’un enfant qui n’est pas le sien, ou dans une autre situation comparable. De tels enfants sont souvent semi-abandonnés, dans le sens qu’ils ont théoriquement quelqu’un qui s’occupe d’eux mais en réalité ils doivent se débrouiller tout seul, à un très jeune âge, dans la rue, pour trouver à manger.
  • L’avortement est illégal à Madagascar. Alors que beaucoup de chrétiens occidentaux déplorent l’avortement qui tue tant d’enfants avant même qu’ils puissent naître, il faut aussi penser que ces enfants ont besoin de vivre par la suite, s’ils ne sont pas avortés. A Madagascar, l’avortement est illégal ce qui fait qu’il y a pas mal d’enfants qui naissent d’une mère célibataire, souvent adolescente, qui ne vit pas avec le père et qui est peut-être elle-même dans une situation déplorable à cause de la drogue ou l’alcool. Le plus souvent, ces enfants sont abandonnés aux parents (grand-parents de l’enfant, donc). S’il s’agit d’une grand-mère veuve et âgée, par exemple, il arrive trop souvent que l’enfant ne peut pas bénéficier du minimum nécessaire pour vivre correctement.

Il existe des services sociaux, minimes à côté de ce dont nous avons l’habitude en occident, dont les possibilités se limitent le plus souvent à recueillir des informations sur des enfants en situation extrêmement précaire et essayer de trouver une structure d’accueil. Dans ces structures, il est difficile de refuser d’aider un enfant dans un tel cas, même si les moyens manquent pour s’en occuper vraiment comme il le faudrait. Il est donc très utile d’avoir des personnes à l’étranger qui parrainent les enfants, contribuant entre 30 et 50 euros par mois (selon les cas ; le coût de la vie n’est pas pareil partout) pour pourvoir aux besoins de l’enfant. Il est souhaitable aussi que les parrains écrivent, s’informent de la situation de l’enfant, et généralement s’intéressent à l’enfant.

La structure qui fait transiter les fonds de parrainage s’engage à transmettre aux orphelinats l’ensemble de ce qui est donné. Il n’y a pas de pourcentage retenu pour le fonctionnement de l’ONG. Ceux qui gèrent les orphelinats sont des personnes connues personnellement de ceux qui coordonnent le financement, entièrement dignes de confiance. Ainsi, un parrain peut être sûr que s’il donne une somme d’argent pour aider un enfant dans le besoin, cette somme d’argent sera effectivement utilisé pour cela. Tant de scandales dans l’usage des fonds humanitaires ont fait que cette confiance personnelle est essentielle. Ne figurent donc sur ce site que des orphelinats entrant pleinement dans ce cas de figure.

Il n’est pas obligé d’envoyer des fonds chaque mois, si quelqu’un trouve plus pratique de payer pour deux, trois, six mois à la fois, ou tout autre système. L’essentiel, c’est que l’argent arrive pour pourvoir aux besoins des enfants. Si un parrainage doit s’arrêter pour des raisons financières (cela arrive), il est demandé à ceux qui doivent s’arrêter de le signaler, pour qu’un autre parrainage puisse être recherché pour l’enfant.

Note sur les dates de naissance : Souvent, l’orphelinat récupère l’acte de naissance de l’enfant, dans la procédure légale qui permet à l’enfant d’être confié à l’orphelinat. Mais ce n’est pas toujours le cas et, même quand il y a un acte de naissance, il peut être incomplet. La réalité est que souvent, surtout en campagne, les enfants en situation précaire ne connaissent pas leur date de naissance et aucun papier ne permet de la découvrir. Il arrive même que l’année de naissance est plus ou moins approximative, estimée simplement par le développement de l’enfant.

Orphelinat Mamitiana (Ambohimangakely)

Il est recommandé de donner 30 euros par mois pour ces enfants. Les enfants vont à l’école publique, mais les frais de scolarité (l’école n’est pas gratuite à Madagascar, même pour l’école publique) ne sont pas encore payés pour l’année scolaire 2013/2014, faute de moyens. Le directeur de l’école accepte cela, mais souhaite fortement que les frais seront payés tôt ou tard. Avec plus d’argent, il serait possible d’inscrire les enfants dans des écoles privées, qui sont de qualité nettement supérieure à l’école publique. C’est un des buts du parrainage d’ailleurs.

Si une personne qui veut parrainer un de ces enfants désirent aussi faire un don exceptionnel (de 20 euros, 50 euros, ou tout autre somme) en plus du parrainage mensuel, cela peut aider avec l’achat de lits, de vaisselle, ou d’autre matériel nécessaire pour le lancement de l’orphelinat. Évidemment, même ceux qui ne peuvent pas envisager l’engagement régulier que représentent un parrainage peuvent aussi faire un tel don !
Soutenir l’Orphelinat Mamitiana

Orphelinat Olo Soa (Tamatave)

Entre le coût de la vie plus élevé à Tamatave qu’ailleurs et les problèmes de maladie qui sévissent de façon chronique dans la région, il serait utile d’avoir un parrainage de 50 euros par mois pour les enfants dans la structure Olo Soa, si possible. Les responsables tiennent vraiment à leur donner une vie de qualité. Comme les fonds actuellement disponible sont insuffisants, il y a des dettes qui s’élèvent à plusieurs centaines d’euros à rattraper. Si quelqu’un désire faire un don spécial pour aider avec cela, ce sera très utile et apprécié.
Soutenir l’Orphelinat Olo Soa